Le Bourg

La Mairie

L’hôtel Grignon-Dumoulin, à gauche, est l’ancienne mairie de Rezé. Datant de 1895, il porte le nom du Maire qui fut à l’origine de sa construction, Georges Grignon Dumoulin (1845-1904) et qui fut maire de Rezé de 1890 à 1896.

Il était le petit-fils d’un général de la révolution et sa famille était propriétaire d’une droguerie à Nantes. Les 4 anciens moulins du bourg de Rezé aujourd’hui disparus ont d’ailleurs été utilisés pour y fabriquer les différentes « préparations ». Il possédera la propriété « le Castel de la Tour » située à l’emplacement de l’actuelle « Maison Radieuse ».


8. Rezé-lès-Nantes – La Place de la Marie, prise de l’Eglise

Ne satisfaisant plus aux exigences d’une administration moderne, la décision est prise en 1985 par l’équipe de Jacques Floch, maire de 1978 à 1999, de construire un nouvel hôtel de ville. Les différents services sont alors dispersés dans cinq mairies annexes jusqu’à ce qu’en janvier 1989, ils réintègrent la nouvelle mairie placée au cœur du bourg…

Située entre l’église Saint Pierre et Le Corbusier, il est conçu par l’architecte Italien Alessandro Anselmi qui en fait à la fois une œuvre d’architecture et d’urbanisme.

Aujourd’hui annexe de la mairie, l’hôtel Grignon-Dumoulin abrite notamment le service municipal des archives de Rezé qui conserve et met à disposition du public plusieurs dizaines de milliers de documents sur Rezé.

La Place

Tout à gauche, se trouve une petite maison qui appartenait au frère Marchais, Julien et Jean-Baptiste, propriétaires d’une entreprise de maçonnerie. Auparavant à cet endroit, se dressait un simple hangar qui leur permettait de stocker les matériaux nécessaires à leur activité.

Dans les années 30, des aménagements sur la maison furent réalisés avec notamment la surélévation des combles. Les frères Marchais furent également des personnalités politiques en ayant été tous deux adjoints au maire, le premier de 1935 à 1940 et le second de 1954 à 1959. Il existe aujourd’hui une rue à Pont-Rousseau qui porte le nom du frère aîné en souvenir de leur maison natale située au numéro 17.

2. Rezé-lès-Nantes – Place de la Mairie

La maison juste à droite est celle du débitant de tabac Gendron, tenu a l’époque par l’arrière grand-père de l’actuel Président de la Chambres des Commerces et Industries de Nantes/St Nazaire, Jean-Francois Gendron. Aujourd’hui, il s’agit du café de la mairie. Enfin, à droite, on aperçoit un bâtiment qui jouxte l’église St-Pierre, c’est l’école communale de garçons construite au Bourg en 1882.


3. Rezé-lès-Nantes – Place de la Mairie et Porche de l’Eglise

A l’angle de l’actuelle Place Saint Pierre et de l’avenue de Lattre de Tassigny se trouvait l’échoppe d’un certain Jules Braud qui y tenait une saboterie juste à côté de l’épicerie. Jusqu’au début du XXème siècle tout le monde porte des sabots sauf parfois les enfants qui allaient nu-pieds… Pendant le 1ère guerre mondiale, M. Braud, sabotier au bourg, a mis à la disposition de la commune 200 paires de sabots pour être distribuées aux familles des mobilisés et aux réfugiés nécessiteux. Dans la séance du 22 novembre 1914, le conseil municipal et le Maire lui adressent alors leurs sincères remerciements pour son acte de générosité.

Jouant de la sympathie de tous, M. Braud connaissait parfaitement l’avis de ses concitoyens sur toutes les questions locales, et notamment s’inquiétait dans les colonnes de l’Ouest-Eclair* en décembre 1930 de la disparition des Roquios. Un brin poète, il regrettait: ”Voyez-vous, nos roquios, c’était la vie de ce coin de Loire, beaucoup de pittoresque qui s’en va !  » L’histoire nous apprendra que ces bateaux eurent pratiquement 30 ans de répit avant de disparaitre définitivement…

* L’ancêtre de Ouest-France

18. Rezé-lès-Nantes – La Place de l’Eglise et l’Avenue

Aujourd’hui place Saint-Pierre, la place du bourg était alors une place qui ne connaissait pas encore le bitume. Les passants disposaient alors de toute la place nécessaire pour pouvoir circuler librement et les enfants de l’école voisine, l’école communale  des garçons, y trouvaient là également une aire de jeux adaptée et en plein air.

Nous sommes au début du siècle dernier et l’on imagine très bien le calme ambiant qui pouvait regner, comparé aux bruits de la circulation d’aujourd’hui. Sur la gauche, on aperçoit la devanture d’une boulangerie et  même si elle est fermée  aujourd’hui, cette maison a toujours accueilli ce type de commerce.

Au fond, on peut apercevoir également l’avenue des marronniers qui mène à Trentemoult, ancien port de pêcheurs, devenu petit port de plaisance bien connu des Rezéens pour son côté pittoresque.

La Blanche

Actuellement place Édouard Macé depuis 1927,en la mémoire d’un Rezéen victime de la première guerre mondiale, cette place portait auparavant le nom de Notre-Dame-la-Blanche. .

Rezé-lès-Nantes – Place Blanche et Route des Couëts

À cet emplacement même, se tenait autrefois une ancienne chapelle du même nom datant de 1411. Aux alentours du XVe siècle elle fut le centre d’importants pèlerinages et figure dans la liste des endroits les plus vénérées où l’on se rendait en procession… La dévotion y était telle, qu’à l’époque de la révolution, les Rezéens firent une démarche pour éviter la vente et la spoliation des biens ecclésiastiques de la chapelle… Cependant cette démarche fut vaine car finalement en 1792 elle fut rachetée pour être transformée en maison d’habitation. Elle fut démolie en 1915 avant que l’on puisse faire des relevés exacts ou même prendre des clichés. Une statue représentant la Blanche* fut construite quelques années plus tard afin de se remémorer ce lieu de culte…

Au fond, il s’agit de la rue qui mène aux Couëts, à Bouguenais, le boulevard le Corbusier n’existant pas encore…

* Le qualificatif de « la blanche » était plus attribué à la chapelle que la vierge elle-même, les riverains d’ailleurs disaient se rendre « à la blanche »

 

La Chapelle Saint-Lupien

Au IVème siècle, à l’époque où le christianisme apparait dans la région, un de ses premiers adeptes, Lupien, est baptisé par Saint Hilaire de Poitiers en 340. Une première chapelle est édifiée en son honneur un siècle plus tard et devient un lieu de culte et de pèlerinage en raison d’une série de miracles qui s’y seraient produits selon Grégoire de Tours qui écrit « …à son tombeau un aveugle recouvra la vue, un paralytique le mouvement, un muet la parole ».

15. Rezé-lès-Nantes – Chapelle Saint-Lupien

Le site de Saint-Lupien tel que nous le connaissons aujourd’hui, présente un prieuré du XVe siècle construit sur un ancien sanctuaire mérovingien du Xe siècle, lui-même à l’emplacement de constructions gallo-romaines. La messe y fut interdite le 31 mai 1777 en raison de son délabrement et jusqu’en 1790, la chapelle a appartenue à l’abbaye de la Madeleine de Geneston. Rachetée en 1791, elle sert alors de lieu de stockage pour le foin et le matériel agricole… Acquise et restaurée par la ville de Rezé en 1983, ces vestiges sont classés séparément au titre des monuments historiques depuis le 9 décembre 1986. Aujourd’hui, le site fait parti du patrimoine archéologique de la ville et permet de partir à la découverte des vestiges du port antique de Ratiatum.

 

Le Seil

Était-il un ancien bras secondaire de la Loire ou bien la continuation de la Sèvre…? Les avis sur la question divergents… Toujours est-il qu’il faut s’imaginer que le Seil, il y a plus de 200 ans, isolait totalement Trentemoult, rendant obligatoire l’existence de bateliers pour pouvoir se déplacer. Ils étaient nécessaires pour se rendre à la fois au bourg de Rezé, aux Couëts, et à Chantenay. Afin de réduire l’isolement des habitants, il fut décidé par la suite, aux alentours des années 1850, la construction de deux ponts… Un 1er pont de pierre suivi d’une chaussée au niveau de Norkiouse, permettant de relier le bourg, et un 2nd situé à la fin de la rue de la Californie reliant les Couëts.

1. REZE-lès-NANTES – Vue prise du Seil

Le Seil était capricieux et c’est peut-être cela qui a malheureusement joué en sa défaveur lorsque son comblement fut décidé. En effet, l’été, lors des sécheresses on pouvait le traverser à pieds, à l’approche de l’automne celui-ci avait tendance à déborder de son lit et venir envahir les prés de la bourgeoisie* jusqu’à toucher les habitations et pendant les hivers rigoureux il se transformait en véritable patinoire… Le comblement de ce dernier mis fin à l’insularité de Trentemoult…

*Actuelle zone Atout Sud

 

L’Avenue des Marronniers

Cet endroit fut autrefois le théâtre de rassemblements importants que l’on appelait  » L’Assemblée des Roquios ». A l’origine de ce nom, il y a un sobriquet donné à Jean Moreau, gardien de bêtes et ramasseur de crottin, né à Bouguenais en 1790 et officiant à Rezé. Il était selon les dires des gens de l’époque doté d’un physique ingrat mais apprécié par les habitants de la région pour sa gentillesse. En 1839, vivant « dans le pêché » depuis des années avec sa compagne, Modeste Jasneau, et pratiquement sans le sou, la municipalité décide d’organiser une quête dans le bourg afin de les marier officiellement. Les bans sont publiés et le 15 juillet, à 10 heures, l’adjoint au maire uni le destin de Jean, 49 ans, et Modeste, 50 ans. La fête fut un succès, rassemblant pas loin de 200 convives qui les avaient aidés financièrement.

23. Rezé-lès-Nantes – L’Avenue

L’année suivante, en 1840, le couple décida de célébrer l’anniversaire des noces par un bal sur les prés qui servaient de pâturage aux bestiaux et qui bordaient le Seil. Et c’est ainsi que d’année en année on célébra ce qui deviendra la plus grande fête populaire de la région et qui accueillera de nombreux forains et jusqu’à 20 000 participants. La guerre de 1914 mis malheureusement fin à la tradition, mais le souvenir de Roquio, dont l’origine du surnom reste encore aujourd’hui un mystère, perdura des années après, notamment grâce aux bateaux à vapeur du même nom…

 

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