Les Châteaux

Le Château de Rezé

C’est en 1601 qu’une famille de noble originaire de Florence en Italie s’installe à Rezé. Pierre de Monti commence par faire l’acquisition en 1603 d’un petit château, appeler la Chalonnière. A sa mort en 1625, c’est le fils de celui-ci, Yves, qui peu à peu unit plusieurs seigneuries pour former un immense domaine… Érigé en Conté par lettre du roi Louis XIV en 1672, Yves de Monti y entreprit la construction d’un nouveau château.. A sa mort, le domaine et son immense fortune furent transmis à l’ainé de ses 10 enfants, Yves II de Monti, en 1683… Les Monti se succèdent… Un de leurs descendants, Joseph de Monti, fut même nommé maire de Rezé entre 1820 et 1830…
Le château résiste à la révolution de 1830 mais le décès en 1927 du dernier occupant des lieux, Henri de Monti, ainsi que le manque de moyens des propriétaires pour l’entretenir entraîna malheureusement son délabrement…

Mais c’est le boom démographique de la population Rezéenne à la fin des années 50 qui fit prendre la décision de détruire le château afin construire rapidement des habitats locatif à loyer modéré… C’est ainsi qu’est né le quartier du château de Rezé… Petit à petit, les immeubles s’implantent à l’emplacement du vieux château, un centre commercial s’installe, un lycée se créer dans le bois et l’allée du château fini par être remplacée par l’actuelle Avenue de Bretagne. Seuls 3 gros arbres sont encore là pour témoigner de cette époque…

 

Le Castel de la Tour

Souvent méconnue, cette propriété qui a disparue aujourd’hui n’est plus connue que par les plus anciens Rezéens ou par les collectionneurs de cartes postales anciennes. Il n’est pas évident de situer précisément son emplacement mais on suppose que cette ancienne propriété se trouvait à proximité de l’entrée de la maison radieuse… Elle était voisine d’une autre propriété qui existe toujours, celle de la Bouvardière, séparée toutes deux par un petit muret de pierre dont il reste toujours quelque traces.

C’est en 1822 qu’un droguiste Nantais du nom d’Achille Grignon-Dumoulin fit l’acquisition des moulins à vent qui bordaient le chemin menant du Bourg à l’ancien Château de Rezé afin de fabriquer et de vendre la mouture de ces préparations médicinales. À son décès en 1864 seuls 2 moulins fonctionnaient toujours pour les besoins de la droguerie. C’est son épouse qui assurera la succession de l’entreprise, leur fils Georges n’ayant que 19 ans. Quelques années plus tard, Georges Grignon-Dumoulin et sa mère se retrouvent en possession d’un domaine important et firent construire alors le « Castel de la Tour », nom emprunté à l’un de leurs moulins qui par la suite fut transformé en simple tour… Après le décès de sa mère en 1882, Georges Grignon-Dumoulin devient l’unique propriétaire des lieux. En 1888, il s’engage dans la vie politique en devenant conseiller municipal puis devint maire de la ville en 1890 et ce jusqu’en 1896. Le domaine restera la propriété de la famille jusqu’en 1911.

 

La Balinière

La Balinière est une « folie ». C’est en effet sous ce terme que l’on désigne les bâtisses imposantes édifiées souvent au bord de l’eau. Elle doit son nom justement à un ruisseau qui passe désormais en canalisation sous le tramway.

La Balinière va connaître trois familles jusqu’à la révolution de 1789. En 1793, l’insurrection vendéenne fait rage à Rezé et la Balinière, poste militaire républicain servant de refuge pour les « bleus » traqués par les « blancs », échappe à la destruction. Elle devient également en temps de guerre un hôpital militaire accueillant les soldats convalescents. En 1940 elle est réquisitionnée par les Allemands qui en font à la fois un quartier général et un lieu de repos. Au début des années 50, période de reconstruction après-guerre, une partie du parc est utilisée pour construire les 101 maisons de Claire-Cité suite au mouvement de l’auto-construction collective dit des « Castors ».

La dernière occupante des lieux y restera jusqu’en 1985 date à laquelle des promoteurs immobiliers commence à s’intéresser à la propriété et projette de la raser. Souhaitant conserver ce patrimoine historique, la ville de Rezé achète la propriété en 1987, sous l’impulsion de Jacques Floch, avec l’idée de rendre cette propriété à tous les Rezéens. En 1994, une rénovation complète du bâtiment et de son parc « à la française » est réalisée permettant d’offrir aux promeneurs une roseraie de plus de 200 variétés. En 1999, la Balinière devient un centre musical regroupant l’école municipale de musique et de danse, l’Arc et l’Aria.

 

La Classerie

Deuxième “folie” du XVIIIe siècle avec celle de la Balinière, le Manoir de la Classerie est l’ancienne demeure du seigneur René Darquistade, maire de Nantes de 1735 à 1740 et secrétaire du roi Louis XV. Le blason de sa famille orne le centre de la façade côté parc et sur le fronton est sculpté des instruments de jardinier représentant une pelle, une bêche, une faux et une pomme d’arrosoir. Car, avant d’être un négociant et un armateur, il était avant tout un féru de botanique, de plantes nouvelles et exotiques. Deux ailes furent ajoutées de chaque côté afin de prolonger le bâtiment central. Incendié pendant la Révolution il fut ensuite restauré.

En 2009 la ville de Rezé a acheté le Manoir de la Classerie pour éviter que le bâtiment et le parc ne soient livrés à la destruction et à la promotion immobilière, ce qui a failli être également le cas pour la Balinière. Un grand parc public y sera aménagé. Pour quelques années encore, le château accueille l’école d’éducateurs spécialisés l’ARIFTS-IFRAMES qui devient locataire de la Ville. Géré par une association loi de 1901, l’ARIFTS des Pays de la Loire est un centre de formations professionnelles qui accueille les futurs travailleurs sociaux. Il existe depuis plus de trente ans.

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2 réflexions au sujet de « Les Châteaux »

  1. JY Aucoin

    Les images sont remarquables mais la juxtaposition des images empêche la sauvegarde du document avec les images les plus anciennes ,serait-il possible d’y remédier merci beaucoup .

    Répondre
    1. Cedric Robergeaud Auteur de l’article

      Bonjour et merci pour votre intéret pour mon site.

      C’est justement parce que je ne souhaite pas que mon travail se disperse sur internet que la sauvegarde des documents n’est pas facilité… Je vous invite donc à vous rendre sur delcampe.net ou sur le site des archives de la Loire Atlantique afin de vous procurez les CPA que vous recherchez et pourquoi pas vous constituez également votre propre collection 🙂

      Cordialement

      Cédric

      Répondre

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